Je ne comprends pas pourquoi les gays, en vieillissant, ont tendance à bouder. Si vous voyez un trentenaire ou un quadragénaire marcher dans la rue, l'air sombre et renfrogné, un peu méprisant, le pas cadencé, le menton haut et les lèvres serrées, c'est un PD. Cela vient sans doute du fait qu'après une dizaine d'années où ils ont rongé leur frein en n'ayant pas assez confiance en eux pour ressembler aux icones ombrageuses des Unes de Têtu, ils croient avoir enfin trouvé "l'attitude" qu'il faut. Quand ils font la gueule et qu'ils regardent les gens de haut, ils s'imaginent entourés d'une aura de séduction irrésistible, alors qu'en fait, ils ne font que trimballer leurs complexes au grand jour. Ils se prennent pour Accatone, mais ils ressemblent plus au Monsieur Patate dans Toys Story. Vous savez à quoi un PD de 30 ans me fait penser ? A un Gibi. Il me reste donc un an pour devenir un Shadok et pour éviter la gibisation. Soyez hétéros, bordel : vous serez bien plus sexys ! *



* Je sens que cette phrase ne va pas plaire à tout le monde ...

Mercredi 7 mai 2008
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Le printemps, c'est vraiment la saison des gens sans imagination.

Vivement novembre.

Mercredi 7 mai 2008
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Mais ce soir, j'ai des envies de fraises mosquées.
Mardi 6 mai 2008
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Je fais toujours des rêves reposants et agréables. Je ne vous parlerai pas de ce rêve apocalyptique que je fis il y a quelques années - avec un type écrabouillé sur un pare brise et un être étrange, dans une alcôve, dont le corps était recouvert d'embryons d'oreilles, ou ce rêve où je me faisais absorber par mon lit : je suis quelqu'un de très équilibré et je ne vais pas vous faire la liste de tous mes cauchemars, plus ou moins répétitifs et plus ou moins créatifs. Je vais me contenter (une fois n'est pas coutume) de vous raconter le petit rêve que j'ai fait la nuit dernière.

L'ambiance : c'est la merde, des zombies étranges ont conquis la planète, ne me demandez ni pourquoi ni comment. Il fait nuit, toujours, et j'essaie de survivre, mais c'est pas facile - je suis sûr que vous ne savez pas ce que c'est qu'errer sans but sur une Terre dévastée. On rigole, on rigole, mais, moi, toutes les nuits, je me prépare à cette éventualité et quand l'heure H viendra, je serai un warrior. Bon, alors, je croise sur ma route un jeune mec dans un camion (que nous appelerons K. pour rendre hommage à un écrivain tchèque) qui écrase tout sur son passage pour survivre. Après maintes pérégrinations (dont je ne me souviens plus, c'est dommage, parce qu'elles étaient juteuses et sanguinolentes), je me retrouve avec un groupe de survivants dans une maison - K. est là (mais ne mange pas d'eucalyptus ahahah que je suis drôle). Nous calfeutrons toutes les ouvertures, prêts à affronter un siège, sachant bien cependant que la situation est désespérée et qu'il n'y a de secours nulle part. Après quelques heures de lutte inutile, confinés dans une pièce jusqu'à la claustrophobie, nous changeons de tactique : nous tentons une sortie, en criant très fort. Foutu pour foutu, autant finir avec panache. Le groupe se précipite dehors, je les vois encore s'engouffrer tous en hurlant dans la brèche ouverte (là, je deviens spectateur, je ne suis plus dans l'action, ce qui me permet d'échapper au massacre - privilège du rêveur-narrateur) et tout le monde se fait massacrer sans pitié. K. se fait tuer à  gros coups de fléau dans la gueule donnés par un zombie qui ressemble un peu à Bob, vous savez le monstre cyclopédique vert et rigolo de Monster&Co, mais un Bob harnaché d'acier et grimaçant. Le zombie rigole en le massacrant, puis se tourne vers un autre zombie pour prononcer une phrase mémorable - dont je ne me souviens pas et qui aurait pourtant trouvé sa place dans les Annales de mes rêves (car je suis convaincu que mes rêves forment un univers cohérent dont je suis le Dieu inconscient).

Après, je me suis réveillé, de toute façon, il n'y avait plus rien à rêver, tout le monde était mort. Et au matin, Lucien Jeunesse était mort. Est-ce une coïncidence ? Trop incroyable pour être vrai, je n'y crois pas. Non, c'est clair : j'ai un don de prescience.

Lundi 5 mai 2008
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Ce qui me fascine toujours, c'est la totale subjectivité des opinions. On choisit ses opinions. Et ce n'est souvent pas un choix éclairé, c'est un choix arbitraire, erratique, pulsionnel presque. Dans ma vie, j'ai mille exemples de ce type : j'ai choisi de défendre la constitution européenne, mais j'ai bien failli choisir de ne pas la défendre : le reste est venu de ce choix initial, j'ai choisi l'argumentaire qui correspondait à ma position, et je me suis battu bec et ongle - sincèrement, vraiment sincérement. C'est un peu la loi du tout ou rien. J'ai souvent hésité - et j'hésite encore parfois - à choisir un basculement idéologique vers le centre, vers la droite ou vers l'extrême-gauche : il suffirait pour moi de décider ce basculement pour qu'il se fasse le plus sincèrement du monde. Or, il n'est fondé sur rien : en politique, il n'y a pas de vérités, et l'on choisit les arguments que l'on choisit être les plus pertinents. Parfois, aussi, je me dis que je pourrais choisir de croire en Dieu, voire en Allah - il suffirait pour ça que je choisisse d'avoir une révélation, comme Claudel, et je l'aurai. Quand je dit "je l'aurai", je veux dire que je l'aurai vraiment : en rien cela ne serait une comédie.

Je sais que tout ça sent le relativisme absolu - mais qui suis-je pour affirmer que mes opinions sont mieux fondées que celles d'un autre ? Tout cela relève de choix, et je me dit que Chirac et Sarkozy auraient très bien pu choisir d'être de gauche lors de leurs jeunes années, ils auraient construit leur univers idéologique différemment par la suite, c'est tout. Et puis, faire relever l'opinion d'un choix, c'est sortir du déterminisme. C'est effrayant - car on peut très bien choisir d'être rhinocéros. Mais quelque part, c'est humaniste.

Dimanche 4 mai 2008
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Rien ne me déprime plus que les gays qui ne regardent que des films qui parlent de gays, qui n'ont aucun ami mâle hétéro ou presque, qui ont bâti leur bibliothèque avec des 10/18 achetés aux "Mots à la bouche" et qui ont chez eux des sculptures de torses en bronze ou de grandes photographies de mecs, en N&B, sous verre. Le pire, c'est que ce sont souvent eux qui nous servent ensuite des leçons d'ouverture d'esprit et qui nous assènent, forts de leur culture alternative gay (et exclusivement gay), leur vision de l'homosexualité. Ils nous traiteraient presque de honteuses parce qu'on n'a pas de Genet sur nos armoires et parce qu'on n'a pas pleuré devant "Brokeback Mountain". Ils citent "Le rose et le noir" dans le texte et ont souvent la coquetterie d'être militants - du moment que ça ne leur fait prendre aucun risque, bien sûr. Putain, l'homosexualité, pour moi, ça n'a pas de valeur culturelle en soi. Je préfère encore les petits PDs qui s'amusent sur du Mylène Farmer, au moins, ils s'amusent avec leur "identité", ils n'en font pas un maelstrom prétentieux et indigeste. Les pédales cultivées et nourries au soja, parfois, ça craint. Les hétéros sont aussi capables de choses formidables. Oui, oui. Je vous assure.

Samedi 3 mai 2008
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Je me sens mou. J'aime pas ça. Je vais faire le ménage.

Samedi 3 mai 2008
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Les années 2000 sont presque finies, déjà. Et les promesses de la mondialisation se font attendre. Chaque année qui passe nous éloigne de ce futur stabilisé que l'on nous avait dessiné. Pourtant, quel beau rêve, ce monde uni dans une même respiration, dans un même effort, partageant avec prodigalité les fruits juteux des marchés d'Abondance. J'y ai cru, aussi. Le capitalisme avait aussi sa fin de l'histoire, il aura aussi son 1989 et son atterrisage, chaotique, dans le temps. Le monde est uni, certes, mais dans une même faim et demain, dans un même combat pour la survie.

Car voilà. L'abondance n'est pas là. Il y a 3 ans, on nous disait qu'à 50 dollars le baril de pétrole, ce serait une crise mondiale sans précédent. On parle aujourd'hui de 200 dollars, demain ou après-demain : la litanie des "records absolus battus" nous endort. Mais putain, c'est grave. Il faut être aveugle pour croire que nous ne sommes pas en crise. Pourtant, un silence pudique entoure le problème - on préfère parler des psychopathologies d'une famille autrichienne. Comme si ce pétrole cher qui plombe toute l'économie et entraîne des inflations records un peu partout n'était qu'un petit soubre-saut du marché de l'énergie. Nous sommes déjà en 1974, mais derrière, il y a 1929, et pire encore peut-être. Mais dans cette farce macabre, le plus étonnant, c'est qu'on ne parle pas de "crise", mais de "crises". Crise de l'énergie, crise alimentaire, crise de confiance des marchés, crise de l'immobilier.  Le pluriel est rassurant, mais putain, ces crises, c'est une seule et même crise ! C'est ça le libéralisme, tout se tient ! Il y a des émeutes de la faim, merde ! Même dans les pays riches, on commence à voir se profiler des peurs oubliées, des peurs de pénuries, des peurs de restriction alimentaire, et puis, corrolaire inquiétant, ombre du monstre, des peurs irrationnelles dont on sait ce qu'elle peuvent donner - ce qu'elles ont déjà donné.

Nous sommes arrivés à un point de rupture. J'espère vraiment que les marchés vont tenir, et que le rêve d'un monde autorégulé se réalisera bientôt. Mais j'y crois de moins en moins. Après 20 ans de toute puissance idéologique, le libéralisme craque. Il est temps de le dépasser. Nous devons devenir des Hainiens : le salut est dans l'Ekumen.

Vendredi 2 mai 2008
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A l'heure où Obama et Clinton se déchirent pour savoir lequel entre eux deux représentera le parti démocrate en novembre (j'incline pour Obama, surtout après les stupéfiantes déclarations d'Hillary menaçant de raser l'Iran de la carte), un peu d'histoire s'impose. De l'histoire sérieuse et chiante, avec un grand H :

- au début du XIXème siècle, les démocrates et les républicains ne formaient qu'un seul et beau parti, le parti des "démocrates-républicains" : ce n'est qu'en 1824 que le parti se scinde en deux (parti démocrate et whigs).

- Jimmy Carter (39ème président) a fait, très sérieusement, une déclaration selon laquelle il aurait vu un OVNI.

- Le plus long mandat d'un président américain est celui de Franklin Roosevelt, élu 4 fois. Il sera le premier président américain à apparaître à la télévision.

- il y a eu deux cas de "papa-fiston" dans l'histoire des USA : John Adams (2ème président) et John Q. Adams (6ème président), et George Bush (41ème président) et George W. Bush (43ème président). L'élection d'Hillary Clinton constituerait deux nouveautés : une femme (il serait temps) et une femme de président.

- au XIXème siècle, le Parti démocrate était plutôt le parti de droite. Il sera, après la Guerre de Sécession, un refuge pour les sudistes et les esclavagistes. Il reste encore, localement, plus réactionnaire que le Parti républicain (dans le Sud par exemple). Le Parti Républicain est né pendant la guerre de Sécession, et est un peu devenu le Parti du Nord (anti-esclavagiste) : il supplantera ensuite le parti Whig. George W. Bush est le 18ème président répubicain.

- James Madison (4ème président) ne pesait que 45 kg. William Howard Taft (27ème président) en pesait 175.

- Martin Van Buren (8ème président) est le premier président à être né après l'indépendance : il est donc le premier président américain de naissance.

- William H. Harrison (9ème président) a été au pouvoir un mois : il a attrapé froid lors de son discours inaugural et en est mort. Zacharie Taylor (12ème président) est resté quant à lui au pouvoir quelques mois : mais lui est mort d'un coup de soleil.

- De toute l'histoire des USA, il n'y a eu qu'un seul président célibataire, il s'agit de James Buchanan (15ème président) : on l'a même dit homosexuel.

- Truman (33ème président) n'a que très peu habité la Maison Blanche, alors en travaux.

- "Fait inhabituel pour un homme politique de premier plan, Coolidge (30ème président) est peu loquace, on le surnomme d’ailleurs Cal le taciturne. On raconte qu’une invitée à la Maison-Blanche avait fait le pari qu’elle arriverait à lui faire dire au moins trois mots pendant le repas. Après l’avoir entendu mentionner ce pari, Coolidge répondit simplement en deux mots « You lose » (vous avez perdu)." (WIKIPEDIA)

- Lincoln est le plus grand des présidents américains. 1 m 93. La première femme à être exécutée aux USA fut une des responsables de son assassinat.

- Une rue de Pristina porte le nom de Bill Clinton (44ème président).



Si vous en avez d'autres, lâchez-vous ! (Je remercie Wikipedia, mon unique source pour ce post !)

Vendredi 2 mai 2008
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Je suis allé voir [REC]. Tout le monde dit que [REC], c'est le pire film d'horreur de tous les temps. Eh bien, je ne sais pas si c'est le pire de tous les temps, mais c'est sans doute le pire de ceux que j'ai vus. J'en suis sorti courbaturé, contracté, les larmes aux yeux de stress, et dans un état nerveux pas possible.

En points négatifs : une intrigue qui ressemble beaucoup à "Blair Witch" (surtout la chute, et la "chute" de la caméra) - et une tendance trop marquée au gore.

En points positifs : une tension qui monte régulièrement pour passer de l'anodin à une totale hystérie, une maîtrise totale de la mise en scène d'épouvante, une efficacité redoutable, un final dans le noir terrifiant (que j'avoue n'avoir pas vraiment regardé), la femme au marteau horrible, la gamine horrible, un réinvestissement réussi de la thématique des zombies (un peu à la manière 28 jours plus tard), des cris terrifiants, une ambiance apocalyptique, des personnages secondaires bien construits - un grand 8 parfait pour le coeur, les tripes, et le cerveau.

Vous l'aurez compris : j'ai aimé ce film (derrière mes doigts serrés), et c'est vraiment, pour moi, un summum de l'horreur de ces dernières années. Sinon, sans rapport aucun, je me suis ridiculisé devant l'acteur qui joue "Maxime" dans "Plus belle la vie", mais à chaque jour suffit sa peine.

Dimanche 27 avril 2008
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Je savais déjà que le Parallélépipède était aussi un lieu de rencontres. Je le savais, parce que tout le monde se drague tout le temps, à croire que le Parallélépipède n'est peuplé que de célibataires en rut ou en chaleur. Aujourd'hui, j'ai vécu une petite expérience intéressante - que je ne peux pas vous raconter. Je me suis fait draguer par O'Brien (pas le même O'Brien que dans l'avant-dernier post, un tout petit O'Brien, mais un O'Brien quand même). Je n'en reviens toujours pas de la manière, on ne m'avait jamais fait ça. Mais je ne peux pas en dire plus, sauf que je ne sais pas si je dois être honoré ou un peu vexé. Bon, maintenant, imaginez ce que vous voulez !

Vendredi 25 avril 2008
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Parfois, j'ai l'impression que le monde n'existe pas vraiment, que c'est un mirage, une illusion. Je me souviens que la question qui m'a taraudé toute mon adolescence, c'est "Pouquoi y a t il quelque chose et non pas rien ?" : et j'en étais arrivé à la conclusion logique que le postulat de la question était faux, puisqu'en fait, il n'y avait pas quelque chose. J'imaginais de grands courants de vide, des infinis de riens intemporels qui venaient parfois à se culbuter et à se superposer, et c'est dans cette superposition de deux vagues de néant que naissaient les choses, les gens, le temps, la vie, les planètes et les galaxies, et moi aussi, au bout du compte. Le quelque chose ne serait en fait que le résultat de l'accident entre deux riens.

Et parfois j'y repense, quand je réfléchis dans le métro ou dans mon lit, quand je regarde les arbres, les poubelles, les pigeons, les mémés, les moutons de poussière, et la Tour Eiffel. J'y repense aussi quand j'ai des impressions de déjà-vu, des prémonitions, j'y repense à chaque fois qu'une coïncidence a lieu. Ce soir, j'y repense parce que j'étais en train de lire un profil de blog parlant du film "Las Vegas Parano" quand la chanteuse Berry (que je découvre ce soir) a commencé à chanter "Las Vegas Parano", exactement en même temps que mes yeux décryptaient les mots sur l'écran, si exactement que j'ai eu un moment de confusion : une voix chantait dans mes oreilles exactement ce que j'étais en train de lire, au millième de seconde près.

Alors, je me dis, dans ces cas-là, que c'est statistiquement impossible, que globalement, la vie est statistiquement impossible, surtout si l'on part de rien. Je suis statistiquement impossible, et je me berce en imaginant ma non-existence et tout ce monde d'illusion, simple négatif d'un grand vacuum remuant sans mouvement et se pliant sur soi-même pour générer des choses, et moi aussi, au bout du compte. Un présent créé avec son histoire et ses souvenirs pour disparaître aussitôt, sans permanence aucune,  et l'univers modifié fondamentalement tout le temps, sans arrêt. L'impression d'existence et de permanence n'est que l'illusion fugitive créée par un court-circuit dans le rien. Et ça me repose, cette absence du poids de l'existence. Les choses sont plus belles accidentelles : il n'y a pas de lois, même la gravité est un accident.

Jeudi 24 avril 2008
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Aujourd'hui, j'ai rencontré O'Brien. Pour ceux qui ne le savent pas, tous les dignitaires du Parallélélpipiède s'appellent O'Brien, ils dirigent le Parallélépipède depuis la Rue de Varenne - dès qu'on rentre au gouvernement, on change de nom, on n'est plus un homme ou un femme, on n'a plus d'âge, plus de passé, plus de visage : on est O'Brien1, on est tout-puissant, mais sympa quand même. Ou sympa, mais tout puissant quand même. Donc, O'Brien est là : j'étais hyper impressionné, après tout, je ne suis qu'une petite merde insignifiante qui occupe un petit bureau dans le coin en bas à gauche du Parallélépipède. Et il faut savoir qu'il y a toute une étiquette versaillaise dans le Parallélépipède, et j'avoue ne pas encore la maîtriser tout à fait, du coup, je me fais tout petit dans mon coin pour ne pas faire de bêtises ou d'impairs. Et là, O'Brien se tourne vers moi, il s'avance vers moi - moi, je suis en jeans, avec une chemise et des chaussures mal cirées, lui impeccable et auréolé de toute l'aura de sa puissance o'brienique - il me sourit, et il me parle. A moi ! Simple mortel ! Alleluïah ! Aussitôt je suis tombé à genoux et je lui ai demandé de me bénir et de guérir mes chancres mon cancer mes cheveux secs. Puis, il part, il va faire un petit discours, puis, noooooon ! avant de partir, il revient vers moi, il me touche l'épaule ! IL ME TOUCHE L'EPAULE ! et me dit quelques mots d'au revoir. Il m'a touché ! Un O'Brien m'a touché ! J'ai eu la vague impression d'adoubement. Je vais maintenant m'isoler et jeûner pendant un mois pour m'imprégner de ce qui s'est passé.



1. Celui qui comprend la référence, je lui roule une pelle un joint un compliment.

Mercredi 23 avril 2008
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Il y a un an, c'était autre chose mon blog, en terme de fréquentation. Et encore, on n'est pas dans les pointes de 2006. Bref, au revoir, les Julio-Claudiens : nous voilà sous les Sévères.

Ceci dit, quelque chose a changé aussi : maintenant, j'ai une vie.

Mardi 22 avril 2008
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J'ai toujours du mal avec les remakes. Enfin, ça dépend, il y a des remakes réussis, comme Dark Water avec Jennifer Connelly, presqu'aussi beau que l'original, ou la Colline a des yeux d'Aja, qui pour moi est presqu'au dessus de celui de Craven. Puis, il y a les remakes faits par le même réalisateur, et ça, c'est casse-gueule. Voir le désastreux Ring 2 (US) d'Hideo Nakata, où des cerfs en meute attaquent des voitures (scène hilarante).

Haneke devait considérer que les acteurs de son "Funny Games" étaient mauvais : puisqu'il nous pond exactement le même film avec des acteurs différents. Et quand je dis "exactement le même film", je veux dire à la scène, à la prise de vue près. Je connais assez bien l'original pour dire cela. Or, si le film "Funny Games" était déjà loin d'être le meilleur Haneke (malgré une première moitié fantastique et à cause d'une seconde partie misenabimée), le film "Funny Games US" n'apporte rien d'autre de plus que des acteurs bankables à l'affiche : Naomi Watts, qui s'est remariée avec Tim Roth après son retentissant divorce avec King-Kong devenu scientologue, et Mickael Pitt, vous savez, le petit copain de Jane dans Dawson, et qui, visiblement, s'est mal remis de la rupture.


Sinon, quoi dire ? Bah, autant voir l'original, puisque 1) c'est le même film, 2) pour moi, les acteurs de l'original sont bien meilleurs, surtout le méchant brun (devenu blond) que je trouvais bien plus effrayant que le petit copain de Jane sus-cité. Bref, je me dis que ce remake ne sert à rien, à part, sans doute 1) occuper une équipe pendant des mois, 2) payer des cachets, 3) éviter à Haneke la fatigue de trouver une nouvelle idée de scénario et 4) donner une seconde vie à un film mal connu d'Haneke. 5) Faire du fric ? Oh non. Voyons. Le cinéma, ça ne marche pas comme ça.

Bon, allez, je vais me faire une omelette.

Lundi 21 avril 2008
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J'ai un ennemi mortel, que je partage avec toutes les ménagères : la ménopause les varices le calcaire. Depuis la nuit des temps, le calcaire s'incruste partout où il y a de l'eau : je suis sûr qu'il y a des galaxies entières qui ont été calcarisées et qui errent sans vie à travers l'espace. Alors, quand c'est dans des grottes et que ça fait des stalagmites, c'est chouette, c'est la maaaaaaaaaaagie de la Nature. Mais quand la maaaaaaaaaaagie de la Nature a lieu dans une salle d'eaux et que le calcaire, par un opiniâtre et térébrant travail de l'ombre, s'insinue partout comme un cancer - invincible, souterrain et incoercible, c'est beaucoup moins chouette. Sauf à laisser des stalagmites se créer dans la douche, ce qui n'est 1) pas pratique pour prendre sa douche, et 2) pas très propre.

Comme toutes les ménagères, j'ai tout essayé : frotter avec une éponge, puis avec un grattoir. Tous les produits de la télé, V**kal ou C**gon. J'ai essayé aussi la magie noire et le vaudou en plantant des aiguilles dans un morceau de craie que j'ai laissé sous mon lit. J'ai essayé aussi de faire peur au calcaire en criant très fort, mais il m'a regardé droit dans les yeux en rigolant (oui, le calcaire est taquin : la preuve, il se cache quand on le mouille et hop, il réapparaît en ricanant quand ça sèche). Non. Le calcaire gagnait encore et toujours, dessinant la carte de mondes fantasmagoriques et blancs sur ma robinetterie.

Mais aujourd'hui, il existe des ressources contre tout. Il y a un endroit où tous les problèmes trouvent une solution, un endroit magique, plus magique encore que la Nature et tous ses putains de stalagmites. Je veux parler de la télévision ! Et parmi tout ce qu'il y a à la télévision, je veux parler plus spécifiquement des émissions scientifiques, dont la plus à la pointe de toutes : "C'est du propre". Alors oui, je peux le certifier aujourd'hui : le vinaigre blanc, ça marche. Et ça marche pas à moitié, le calcaire se détache comme une feuille en automne, presque sans frotter, c'est Austerlitz ! J'ai vaincu mon ennemi : le calcaire se tord de douleur et fond dans d'atroces souffrances sous mon regard impitoyable.

Du coup, comme je suis un homme et qu'à ce titre, je suis l'ennemi héréditaire de la Nature, j'imagine des tonnes de litres de vinaigre blanc déversé au karcher (un peu comme la cuve à trempette du Juge Demort) sur les stalagmites et les stalactites de toutes les grottes du monde. Comme ça, on aurait de belles grottes bien propres, et on pourrait exploiter l'espace pour en faire des Mac Do troglodytes. La maaaaaaaaagie de la Nature, on va lui en mettre plein la gueule.

Dimanche 20 avril 2008
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Je n'ai pas le culte de l'accessoire, du superflu et du bibelot (fût-il d'inanité sonore1). Mon plus grand plaisir dans la vie, c'est de jeter - et ce week-end, j'ai décidé de battre mes records en sacs poubelles descendus dans la cour, ça va être radical : livres, vêtements, cours, feuilles, hop. Je ne comprends pas les gens qui collectionnent, qui thésaurisent, qui accumulent. Comme si le chemin vers l'équilibre mental n'était pas déjà assez encombré comme ça. Un esprit sain dans un espace dégagé. Le moins est l'ami du mieux. Tremblez, choses déglinguées ou pas, trucs inutiles ou insuffisamment utiles, machins au statut protégé de souvenirs, votre dernière heure est venue, votre incurie touche à son terme : la RGPP ménagère vous attend.


Il n'y aura pas d'otage, pas de prisonnier, pas de semi-mesure. Demain, je dégraisse - au propre, au figuré et au figuré du propre.

Premier état des lieux : vendredi 18 avril - 20h54. Rien n'est fait. Un premier sac de déchets est descendu.
Second état des lieux : vendredi 18 avril - 22h25. Démontage de tiroirs. Premier tri de vêtements.
Troisième état des lieux : samedi 19 avril - 14h41. Rien n'est vraiment commencé. 3 sacs poubelles descendus quand même.
Quatrième état des lieux : samedi 19 avril - 17h33. 3 lessives, 1 fenêtre sur 4, tout l'espace "parquet" passé au produit (tête qui tourne), meuble TV récuré.
Cinquième état des lieux : samedi 19 avril - 19h20. Meubles déplacés. Pour demain, restent 3 fenêtres, la salle d'eaux et la cuisine !
Sixième état des lieux : dimanche 20 avril - 20h58. Salle de bain nettoyée de fond en comble. 2 nouveaux sacs poubelles. 2 fenêtres. La cuisine faite (un peu plus rapidement).

Mission remplie !!!

1 Ouais, je me la pète.

Vendredi 18 avril 2008
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Maintenant que je suis parallélépidédisé, à l'extérieur, je suis le Parallélépipède. Je veux dire que je ne suis plus moi, mais le représentant d'un immense volume aux faces rectangulaires, en suspens au-dessus de la France depuis plus de 200 ans. Ce qui entraîne certaines conséquences. Je dois réfléchir au moindre mot que je dis, à la moindre mimique que je fais. Tension immense : le Parallélépipède me suit partout comme l'oeil de Caïn, je suis même sûr qu'une puce a été implantée sous ma peau à mon insu pendant mon sommeil, et si je fais un seul faux-pas, je peux compromettre tout l'équilibre (disons, plus modestement, une toute petite partie de l'édifice), et accessoirement ma carrière.

Du coup, depuis ma parallélépipédisation, je suis muet dans les réunions. On me regarde parfois, avec de petits yeux mouillés d'espoir, et l'on attend de moi que j'exprime, d'une grosse voix forte, l'opinion du Parallélépipède. Or, je n'ai pas une grosse voix grave (j'ai plutôt une voix faible qui avale les mots à toute vitesse), et encore moins l'assurance nécessaire pour asséner les vérités du Parallélépipède - qui sont variables, protéiformes, parfois bien difficiles à saisir, et encore plus difficiles à exposer à des profanes qui n'ont pas le droit de tout savoir. Bref, d'habitude, je souris bêtement, je prends des notes pour éviter de croiser les petits yeux mouillés d'espoir sus-nommés, et au mieux, j'émets une opinion assez neutre, du genre "Oui, la maladie, c'est pas bien".

Aujourd'hui, j'ai osé donner une vraie opinion, genre "oui, la maladie, c'est pas bien, et voilà ce qu'il faudrait faire pour que ce soit moins grave". En même temps que je parlais dans le micro, j'ai senti que je franchissais un cap, je sentais frémir le Parallélépipède au-dessus de ma tête, je l'ai senti descendre sur moi comme l'Esprit Saint sur les Apôtres. Je suis sûr qu'un halo de lumière a enveloppé mon visage, et que tous les peuples du monde auraient pu me comprendre sans traducteur. Bref : le Parallélépipède est passé de menace sur ma tête à assurance dans ma voix. En parlant en son nom, je suis entré dans son cénacle, et j'ai aimé ça. Maintenant, je comprends pourquoi les parallélépipédisés sont si bavards en réunion.

Bon, il me manque encore un peu d'expérience pour arriver à prêcher la Bonne Nouvelle des Gels des Crédits avec un sourire de contrition propice à envoûter les foules. Mais aujourd'hui, je suis devenu le Parallélépipède. Le Parallélépipède, c'est moi.

Mercredi 16 avril 2008
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Il y a un plaisir certain à gérer le côté administratif de sa vie. A une époque, je n'osais jamais ouvrir les enveloppes officielles, du coup, forcément, je ne payais jamais mes factures à l'heure. Je laissais tout traîner, j'ai manqué des partiels à la fac, et j'étais incapable de me contraindre à m'engager dans une démarche de projet. Le ménage, je le faisais quand j'invitais des gens, et si je voulais entreprendre quelque chose, il me fallait des mois. J'étais le roi des faux prétextes (je ne vais pas à la piscine parce qu'il fait froid, parce que je n'ai pas de pièce de 50c, parce que je bosse demain, gnagnagna). Bref, l'un dans l'autre, je n'étais jamais content de moi. La procrastination est un travers dangereux.

C'est fini, tout ça. Quand je décide quelque chose, je m'obstine, même si je dois faire 10 détours, je m'accroche comme un pitt-bull à sa victime. Bon, sauf pour la vaisselle. Là, j'ai du mal. C'est elle qui gagne.

Mardi 15 avril 2008
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Il y a des moments étranges, où tout se superpose. Ce sont des moments purement "esthétiques" (pourtant, je n'aime pas ce mot débilisant), où l'on sent que quelque chose se passe. J'avais déjà expliqué, sur un de mes nombreux blogs aujourd'hui errant au-delà de l'e-Styx parmi les mânes de blogs disparus, que l'une de mes plus grandes expériences esthétiques avait eu lieu un soir : je mangeais alors une Mamie Nova Menthe Chocolat en écoutant la BO de Requiem for a dream. Il n'y a rien à comprendre, sauf que ça m'a pris, je me suis senti bien, enthousiasmé, émerveillé quoi, devant une évidence qui ne doit être une évidence que pour moi-même - mais une évidence est toujours bonne à prendre, même si elle est délirante et irrationnelle. Sinon, on crève d'incertitude. Il faut être un peu mystique, tout au moins avec le chocolat-menthe. Sinon, pourquoi là et à ce moment-là ? Une chose dont je suis sûr : c'est que plus les termes de l'opération sont éloignés, plus est grande la probabilité pour que ça arrive.


Et là, ce soir, bingo. De nouveau. J'écoutais Brel en regardant une vieille rediffusion de Fear Factor sur RTL9, dont les candidats étaient 6 anciens candidats de Nice People. Je me suis senti bien, reposé, comme si le temps n'existait pas vraiment, comme si tout ça se court-circuitait pour faire quelque chose, comme si je ne portais plus le poids de tout ce qui s'est passé depuis 10 ans. Je ne sais pas quels sont les termes réels de l'addition, quel est le point commun entre les opérations {chocolat menthe + requiem for a dream} et {le plat pays + Eleanor et Raimundo}, je ne sais même pas s'il y a un autre point commun que le plaisir qu'elles provoquent en moi. Je ne sais même pas si quelqu'un autre que Jean-W. pourrait comprendre ce que j'essaie de décrire sans y parvenir. Mais cela n'a pas vraiment d'importance.

Lundi 14 avril 2008
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